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La BARBACANE :

Fin XVe siècle.

(Mot d'origine arabe signifiant : rempart protégeant un accès.)
Ce gros ouvrage en demi-lune joue, face à la plus proche des collines avoisinantes, le rôle d'un bouclier puissant (4 m d'épaisseur) et d'un sas permettant les entrées et les sorties en deux temps.
Porte en retrait pour échapper aux boulets de canon et au maniement du bélier. Un niveau de canonnières à feu rasant, puis chemin de ronde conduisant à des canonnières hautes.
La Barbacane de Bonaguil contribuait aussi à l'économie domestique : DÉPOTOIR, COLOMBIER et circulation entre BASSE-COUR et COUR D'HONNEUR.

 

 

Le DÉPOTOIR :

Fin XVe siècle.

Cette chambre basse sous voûte en berceau brisé a servi de DÉPOTOIR aux XVIe et XVIIe siècles. Sa fouille archéologique, en 1973, a révélé quantité de témoignages de la vie quotidienne : restes de céramiques communes, verreries, reliefs de repas etc. et même jouets, qui nous rappellent que Bonaguil fut bel et bien une demeure vivante.

 

Le COLOMBIER :

Fin XVe – début XVIe siècle.

Aussi tour d'artillerie (canonnière).
Le colombier (pigeonnier lorsqu'il n'était pas attenant au château), constituait le plus souvent un privilège aristocratique jusqu'à la Révolution.
Il était destiné tout autant à alimenter la table du seigneur qu'à produire un engrais très recherché (la colombine). Plus de 400 boulins (trous de nidification)  sont toujours visibles.
En dessous, belle chambre basse sous voûte en cul-de-four, à la fois salle d'artillerie et moyen d'accès (trappe) aux étages supérieurs dont il ne reste que le colombier.

 

La BASSE-COUR :

Fin XVe siècle.

Totalement dallée à l'origine, à l'instar de la COUR D'HONNEUR, de la plate-forme du DONJON  et des chemins de ronde (GROSSE TOUR, BARBACANE et courtine nord), elle est légèrement inclinée vers le Sud pour l'évacuation des eaux de pluie.
Six encoches dans le rocher permettent d'imaginer un appentis (parc animalier, stockage du bois...). Au fond, à droite, restes (fût de colonne) d'une fontaine qui recevait l'eau tirée du PUITS de la COUR D'HONNEUR par un conduit en pente dans le mur et le rocher.

 

 

Le FOURNIL :

Fin XVe siècle.

Il comprend un grand four pour cuire le pain (aliment de base même dans les châteaux) et, à gauche de celui-ci, ce qui paraît être un « petit four » mais qui servait plutôt de cendrier (les cendres du four serviront d'engrais, mais surtout à faire les lessives dans le cuvier).
La sole de la chambre de chauffe est constituée de mâchefer pour mieux restituer la chaleur.
Le linteau de la hotte est constitué de sept claveaux bloqués à l'aide de crossettes.
À côté, la porte ouvre sur un couloir étroit conduisant à une latrines (à droite), à la trappe du silo ainsi qu'à trois canonnières.

 

La CHAMBRE DE DÉFENSE Nord-Est :

Fin XVe siècle.

Elle commande l'accès des fossés aux COMMUNS (trois canonnières plus un évent et porte basse située à plus d'un mètre de hauteur par rapport au fossé). Le plafond en coupole a été réalisé « en limaçon », sur coffrage et sans clé de voûte, selon une technique proche des voûtes des cabanes de bergers (gariottes). Les trous régulièrement espacés ont permis l'encastrement des poutres d'échafaudage (boulins) et indiquent les niveaux de construction.

 

La CASEMATE :

Fin XVe siècle.

Viendrait de l'espagnol (casa mata = maison qui tue).
Ce long couloir souterrain, en arc de cercle, surveille le front Sud-Est (huit canonnières étagées). La voûte, en arc brisé, réalisée sur coffrage, constitue l'un des plus beaux témoignages du savoir-faire des bâtisseurs de Bonaguil. La casemate se termine par un étroit couloir en vis, à l'intérieur d'une délicieuse tourelle que chapeaute une autre voûte en limaçon.

 

La GROTTE :

Le creux de la « bonne aiguille », XIIIe – fin XVe siècle.

Aménagée au pic (!) à partir d'une cavité naturelle et accessible dès le XIIIe siècle par une ouverture encore visible au fond de la galerie gauche, la grotte constituait un formidable lieu de stockage et permettait l'accès, au XVe siècle, à l'intérieur du MOINEAU (voir n°9). La couleur rouge-orangé aux endroits non entamés par le pic est due à la présence d'oxyde de fer dans le calcaire bonaguilois.
Peut-être la grotte de Bonaguil fut-elle occupée bien avant le Moyen-Âge...

 

Le MOINEAU ou caponnière :

Fin XVe siècle.

Sorte de « blockhaus » semi-circulaires, cet ouvrage d'artillerie, adossé à l'escarpe, surveille le fond du fossé par cinq canonnières. Il offre, avec la CASEMATE, la BARBACANE, etc., une preuve de modernité de la défense bonaguiloise. Sa toiture de dalles lisses, restaurée, permettait le ricoché des projectiles depuis le sommet de la courtine Nord. Sur cette toiture, les deux évents avaient pour fonction d'évacuer les fumées toxiques des « bâtons à feu ».

 

La TOUR GROSSE :

Fin XVe siècle.

Haute de près de 40 mètres de hauteur, jusqu'à la Révolution, pour des murs de 4 mètres à la base, la grosse tour de Bonaguil fut l'une des plus importantes du royaume, au moment de sa construction. Située au-dessus du village elle était destinée à « la montre » tout autant qu'à l'artillerie (les deux chambres basses) et à la demeure (trois chambres hautes). La ceinture de consoles en pyramides renversées (de type breton) en réhausse l'élégance. Ensemble important de graffiti  des XVIe et XVIIe siècles sur les enduits de la salle du niveau quatre.

 

La TERRASSE :

XVIIIe siècle

Contemporaine de la terrasse du château de Fumel et à laquelle elle s'apparente. Elle fut réalisée sur l'enceinte du XVe siècle par Marguerite de Fumel, dernière châtelaine de Bonaguil entre 1761 et 1788, qui y fit aménager un jardin à la française, tant pour la promenade que pour être admiré depuis les fenêtres hautes de son logis. Au loin la vallée du Thézou, en perspective, semble un prolongement, moins domestiqué, du jardin.

Côté château, belle rivalité de volumes : TOUR GROSSE, TOUR CARRÉE, Tour Rouge.

 

La CHICANE :

Fin XVe siècle.

À l'intérieur de ce petit ouvrage en demi-lune, un étroit couloir en zigzag filtrait les mouvements piétonniers entre village et château. Trois portes successives et une canonnière à hauteur de visage pour, finalement, ne pas encore entrer dans le château... On veut bien laisser entrer le villageois mais... pas trop vite.
Toiture de lauzes restaurée.

 

La TOUR CARRÉE :

Fin XVe siècle.

Bâtie sur les entrées du château du XIIIe siècle, elle permettait les accès entre fossés et logis seigneurial. Porte en hauteur, avec gond inversé et trou barrier, autrefois commandée par un pont-levis. Quatre niveaux, dont le troisième réservé à la chapelle seigneuriale (ou oratoire), signalée à l'extérieur par sa fenêtre trilobée.

 

L'ENTRÉE ET LES CAVES DU LOGIS SEIGNEURIAL :

XIIIe et XVe siècles.

On accède au logis seigneurial par une porte gothique que surmonte un petit jour transformé en canonnière. À gauche, grande salle en partie gagnée sur le rocher (l'ancienne cave à vin?). À droite, deux caves en enfilade où domine le roc conduisent à la Tour Rouge.

 

LES SALLES D'HABITATION DU LOGIS SEIGNEURIAL :

XIIIe et XVe siècles.

À droite, depuis la passerelle en bois, vue sur la chambre de Marguerite de Fumel (1712-1788). La cheminée de style gothique flamboyant (fin XVe) est la plus décorée, la plus belle (?) du château. Transformée par Margueritte, elle n’était plus visible à la fin du XVIIIe, avant 1793. Un peu plus loin, au bout de la passerelle, accès à l'ORATOIRE : fenêtre trilobée et voûte sur croisée d'ogives.
À gauche, à hauteur de COUR D'HONNEUR, la GRANDE SALLE, salle d'apparat, cœur de la vie seigneurial. Au fond, accès à la « chambre » des graffiti, dans la GROSSE TOUR (voir commentaires sur le pupitre).

 

La COUR D'HONNEUR

XIIIe et XVe siècles.

Accessible depuis la BARBACANE, elle-même donne accès au DONJON, au LOGIS SEIGNEURIAL, et à l'origine, à l'aile Est du château en passant par les appartements Sud.
Deux portes en accolade, accostées de pinacles et surmontées de fleurons, font appartenir le château de Bonaguil au gothique tardif. Sur la haute courtine qui protège la cour le crénelage n'est qu'en partie restauré.

 

Le PUITS

XVe siècle.

48 mètres de profondeur, 2 mètres de diamètre. Creusé au pic dans la roche, il est alimenté par les eaux d'infiltration et de ruissellement. Dans la margelle les deux encoches font imaginer le dispositif pour remonter l'eau (poutres, poulies, cordes et seau de bois). Derrière le puits, le petit évier déversoir permettait d'envoyer l'eau vers la BASSE COUR.

 

La CUISINE :

Fin XVe siècle.

Il ne reste de la cuisine que quelques soubassements, le seuil d'une porte, la base de l'ébrasement d'une fenêtre, et les pieds-droits d'une grande cheminée. Dans le contre-cœur de la cheminée, énorme brézier (bloc de grès ferrugineux) pour accentuer la chaleur.
Les meules, prises dans le dallage, sont sans doute rapportées des anciens moulins banaux.

 

Le DONJON :

XIIIe siècle : partie avant en éperon.
XVe siècle :

Symbole, par sa hauteur, de l'autorité seigneuriale, lieu du dernier repli en cas de prise du château et coffre-fort, voire prison.
Accès primitif par échelle ou escalier en bois accédant aux portes en arc, puis, à partir de la fin du XVe siècle, par les escaliers en pierre, droit et en vis.
Sur la croisée d'ogives de la dernière salle, superbe monogramme du Christ sculpté en bas-relief. Depuis la plate-forme vue en plan sur le château sur le paysage alentour, préservé.